Nous sommes déjà en cours d’année. De simples regards échangés du lycée à des sourires lointains partagés à la fac. Ton regard m’intrigue toujours autant. Je ne lis pas totalement ce qu’il cache depuis toutes ces années. Nous n’étions pas si proches. Tout au long de mon semestre, j’ai joué l’étudiante modèle ; j’ai bien joué…l’année passait ainsi…cours magistraux, TP…la tête dans les nuages…. errer dans la BU après les cours…t’apercevoir dans l’allée Biosciences représentait mon moteur pour la journée…Je ne comprends pas ce qui s’agite en moi quand tu dépasses ma table, quand une vague de chaleur accélère mon cœur. Il s’emballe me faisant manquer d’air; il s’affole risquant de ne plus pouvoir parler. Je n’explique pas ce qui, soudainement peut m’attrister m’apercevant que la journée se finit sans même te croiser. Inconsciemment, je sais.Je pense souvent à toi. Il m'arrive même de rêver de toi. Je ne mets pas de mot sur ces douces émotions. Je dois pourtant oser.
Quelques jours plus tard, je me décide enfin à glisser discrètement (ce qui veut dire à la nuit tombée…) sur les essuie-glaces de ta Clio un mot sur un vulgaire papier: « Ton sourire malicieux mêlée à ton regard angélique est mon rayon de soleil dans les cours ennuyeux de Monsieur Boledo » signée P.
Mes journées sont rythmées par une vie étudiante exemplaire durant toute l’année. Tous les mois se ressemblent.
Mon mot avait provoqué chez C. une étrange attitude. Tout est désordonnée, incompréhensible. Je commence à regretter mon acte.
Un soir, vers 22h, dans ma petite chambre du crous, j’aperçois une feuille glissée sous ma porte. « je passe demain même heure. Il faut qu’on parle » Elle m’ignore toute la journée. Le ton est annoncé pour la soirée. A son arrivée, un simple « bonsoir, je te dérange ? » C. est nerveuse. Sans doute à cause du dernier exam Biologie Moléculaire prévu à 8H qui marque la fin du semestre. Je suis nerveuse. Pas pour les mêmes raisons. Je ne pense pas à demain. Son discours est incohérent. Elle évoque nos anciens cours du lycée de philosophie avec le professeur Monti. « C’est l’incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume………Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais » Je commence étrangement à comprendre ce qu’elle me dit. C. avait compris que j’étais à l’origine du mot. Elle est pourtant toujours là, dans ma chambre. On se met involontairement à se remémorer des années lycées détestées…nos éclats de rire partagés sur mon bout de lit. Un soupir de ma bouche…son indifférence transformée en attention. Elle dépose promptement un doux baiser mouillée sur ma bouche. Gênée, « Je ne voulais pas. Excuse moi ». J’avance vers son visage. Je caresse sa joue en descendant dans son cou. Elle ne fuit pas. Je la serre dans mes bras. La respire. Mes lèvres s’avancent comme pour répondre à sa folie. Se laissant tomber lentement sur le lit, on ne contrôle plus rien. Nous laisser guider par nos envies. Un désir jusque là encore inconnu nous guide vers le plaisir le plus intense…Nos langues se caressent. Nos mains explorent. Nos doigts cherchent. Quelques maladresses dues à une certaine timidité et inexpérience. Tu as envie de ma peau autant que moi de la tienne. Des baisers les plus exquis.
Des caresses les plus douces. Une émotion qui se prolonge durant tout ce délicieux moment. Des senteurs qui nous évadent. Ta douceur qui me pénètre. …Une découverte qui nous emmène jusqu’à un innocent orgasme partagé. Nous nous sommes finalement endormies nues. Je te sens éveillée quelques fois durant la nuit. Ce n’est que pour te rapprocher un peu plus de moi.
Tu es partie dès ton réveil en glissant tes mains sur mes hanches, déposant un baiser au goût fruité sur mes lèvres…Nous nous sommes finalement présentées à 8 h à notre examen. Comme si de rien était. Tu auras évité mon regard toute la matinée.
Un mois plus tard je t’ai brièvement aperçu pour les résultats.
Tu es rentrée à Bordeaux chez tes parents tout l’été. Je t’ai imaginé rire, danser, chanter, conduire, marcher, te baigner…ou encore dormir...
Il me tarde de te revoir pour la rentrée. Clé de ma chambre universitaire récupérée en septembre…tu n’es pas là pour le premier cours magistral d’octobre…un simple retard ? non, tu n’étais plus là…je ne voulais plus être là...
Parma
Parma,
Une fille, c'est très compliquée, je suppose qu'une fille lesbienne ça l'est d'autant plus et deux filles ensemble...Mamamia ! 
Il y a déjà cinquante ans…premier satellite artificiel Spoutnik était lancé en orbite autour de la Terre…On ne pouvait pas louper cette information au journal télévisé. L’homme n’a cessé de repousser ses limites…Que de chemins parcourus …de nouvelles disciplines…l’optique, la biologie, la mécanique, la chimie, la microtechnologie, la nanoscience, la chronobiologie, l’anthropologie …et j'en passe. Et dans ces nouvelles connaissances, qu’en est il du devenir de l’Homme ? Béarn avait raison : Métro-boulot-dodo… Tout se bouscule dans ma tête. Et moi, ma place, où est elle ? pourquoi pas tenter une méditation pour réaliser l’unification de mon être dans ses aspects physique, psychique et spirituel. C’est la rentrée… de nouvelles résolutions…notamment pratiquer une activité régulière pour trouver cet équilibre. Pourquoi pas me mettre au yoga ? une discipline pratiquée depuis des millénaires. La préoccupation première de la pensée indienne a de tout temps été la position de l'homme par rapport à l’univers. Le but ultime est la quête d'une harmonie, d'une unité corps et esprit. 
Cours Gambetta…tes mains sur le volant…ton feux rouge grillé…se dirigeant vers la Guillotière. Toi si sure de toi…toi qui maîtrise tout…comme à ton habitude. Ta place de parking toujours réservée. Aujourd’hui j’observe que l’ampoule a grillé au sous sol… cela ne t’as pas échappé non plus. Je te souris…la même idée nous effleure l’esprit. Dans une voiture, dans un parking? Il est parfois difficile de se trouver dans l’ombre avec une personne qui vous attire continuellement…comme une évidence, comme une osmose, inévitable…alors…nos mains s’emmêlent...nos mains se touchent…nos mains jouent...nos mains se caressent…nos mains s’emboîtent...nos mains se serrent...tout n’est qu’innocent…pour le moment. Et quand les baisers deviennent langoureux, inévitablement doux…tout se réchauffe dans ce parking si froid…le noir nous plongent dans un jeu tactile, dans un jeu amoureux, dans un jeu féminin. Pas de musique. Ton souffle sur ma joue, chaud et court. Mon cœur dans la poitrine qui frappe si fort en moi comme s’il voulait s’harmoniser avec les battements de ta poitrine. Ta main hésitante sur mon épaule. Ma respiration courte. C’est à fleur de peau. On oublie qui on est. On vit. On risque. On risque quoi de toute façon dans le noir ? Tout est sous contrôle, tout est caché…tes sourires… Mes envies glissées à l’oreille…de la tendresse sous les bouts des doigts…de l’insouciance. Dans le noir, on dessine du bout des doigts…je devine un frisson. Je sens tout. On touche, on prend, on donne en même temps. Et quand on ressort de cette voiture témoin…une fois les portes fermées… 











Derniers Commentaires