Je ne veux pas te laisser repartir ce soir, je ne comprends pas de quoi tu as peur ou plutôt je comprends trop bien que ce n'est pas de moi
mais de toi... je ne veux pas te laisser t'enfermer encore dans cela. Non, tu ne peux pas repartir et me laisser deux mois sans toi, juste avec tes mots qui ne me suffisent plus. Douloureusement,
une fois de plus, dans un pauvre café de gare nos regards se manquent, douloureusement, une fois de plus, nous allons nous quitter maladroitement... alors je parle de façon un peu dure, pour te
bousculer et tu finis pas me dire que tu le changes ce billet de train. Sans un mot, sans un geste de rapprochement nous allons vers le guichet, il est 22h30. Sans un mot, mais le sourire revenu
sur nos lèvres nous allons vers cet équilibre improbable que nous avons bâti depuis de longues nuits sans corps. Je sais ce que je veux ce soir, je sais ce que tu ne veux pas. Mais nos décalages
ne me font pas peur, je n'ai plus peur avec toi, de rien, de ces attirances tues, de ces règles du jeu sans joueurs... le temps d'un trajet en métro et tu es chez moi...tes bras autour de moi je
ne fais rien, je te laisse apprivoiser ton corps contre le mien, je sens que 'tes principes' t'encombrent ce soir mais que tu t'y accroches encore un peu... doucement je t'amène à laisser tes
mains m'esquisser, ta bouche me faire exister, ton corps sentir mon désir...je ne vais pas au-delà de ce que tu t'autorises et ressens de cette résistance, de cette lenteur un indéfinissable
plaisir. Mon sommeil s'envole jusqu'au petit matin qui t'arrache à moi...6h50, tu montes dans le train en déposant un 'à bientôt' dangereusement près de mes lèvres...je rentre chez moi, dormir,
enfin presque, parce que je prends le métro dans le mauvais sens...
Me restent, de ce corps à corps à peine dessiné, imprimées dans un frisson permanent, la fraîcheur de la peau de ton cou, la chaleur de tes reins, la douceur de tes
seins...
SirenA

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