Il est 3h47 du matin….Je suis enfin rentrée de chez E. E. est la première personne que j’ai rencontrée à la fac en septembre et à qui j’ai avoué que j’étais homo.
Il y avait une fille chez E. samedi soir. Il y a toujours une fille. Il y a toujours une fille dans une formation, il y a toujours une fille à un mariage, il y a toujours une fille dans une soirée, il y a toujours une fille à la Babydoll…il y a souvent une fille…
Mais, ce soir là, M. était là. M. est la fille. Je connais bien M. Quand je suis avec M. je profite d’admirer son visage. J’admire ses mains, j’admire sa peau, j’admire son sourire, j’admire son regard, ses jolis yeux marrons. M. est hétéro. M. est belle à voir. Et je ne peux m’empêcher d’imaginer… Il y a quelques mois, j’ai dit à M. que j’étais homo. Mais je ne lui ai pas dit que… Ca n’a jamais rien changé à notre relation que je lui avoue mon orientation sexuelle. On se plaint toujours autant ; elle, des mecs, et moi des nanas ! Après les cours, on se rejoint habituellement dans ce café sur le campus, elle fume. Je parle. Elle parle. Quand il me vient à l’idée subitement de l’embrasser tendrement d’un simple toucher de lèvres entrouvertes, mon cœur fait subitement de l’arythmie…Je me fais plaisir en pensant. Je suis parfois ainsi. Je ne suis pas amoureuse de M. Seulement fantasme..
Ce soir, je l’observe danser, ses cheveux dansants d’ailleurs plus expressément qu’elle…Je me dis dans ma petite tête que je ne pourrais jamais avoir cette fille, bien sur qu’elle n’est pas faite pour moi, que je ne suis pas la personne qu’elle attendait non plus. Moi, je n’ai pas de pénis ! Je navigue entre tables Florence, Matthieu, Yann, Pierre..., pour m’approcher d’elle…je ruse parce que ce soir j’ai peur qu’elle lise ce que je cache depuis bien longtemps. Même si E. m’affirme que M. se doute bien de quelque chose, je n’en suis pas si sure. En effet, comment peut-elle me connaître aussi bien sans savoir qu’elle parvient à me troubler ? En général, mes yeux ne trompent pas quand je laisse tomber le voile. Ce soir, nous ne nous sommes pas encore adressé la parole. Un simple « coucou » avec un bisou compressé fortement sur ma joue. La voici danser un peu trop serrée contre Florent. J’enfile ma veste en la dévisageant involontairement. J'en ai jalousement assez vu. Je pars. E. me rattrape pour tenter de me faire rester. En vain. Il est 3h02
M. suit en me demandant ce qui me prend.
Moi : - « M. tu ne vois vraiment rien ? »
M : -« Dis-moi. Parle-moi. »
Moi : « - Laisse tomber » en me mettant au volant. M. se faufile dans ma voiture
Moi pensant : « C’est maintenant ou je me la ferme. »
Sans un mot, je tente de l’embrasser en passant ma main dans ses cheveux bruns. Elle me repousse de sa main en s’éloignant. Je m’excuse. Elle me dit que je ne devrais pas. Elle s’avance contre toute attente, saisit ma main pour l’embrasser sensuellement en maintenant son regard incertain ; la porte sur son visage. Elle s’approche de moi. Mon souffle pris de court. Le sien est bien saisissant. La voici, qui m’embrasse langoureusement…
Il est 3h47 du matin. Je suis enfin rentrée de chez E. Ce n’était qu’un baiser. Je ne le détaillerai pas. Ce n’était
qu’un baiser pour vous ; pour moi, c’était une nouvelle expérience…courte mais délicieusement nouvelle…
PARMA

La newsletter te permet d'avoir ton article dans ta boîte mail dès sa publication!
Derniers Commentaires