ais je ne la touche pas, pas encore, j'attends de sentir son corps s'apercevoir du mien, sa chaleur l'envahir,
ses mains le chercher. Je nous vois par petits morceaux, l'une contre l'autre. Je me dit qu'une belle photo est possible, les mots maladroits ne pouvant dire la puissance de ce corps-accord là.
Fixer sur la rétine ce moment où seuls nos souffles parlent. Garder vivant ce langage que j'apprends doucement. Ces matins là qui me retiennent juste dans l'ivresse de la simplicité de la
beauté, moi qui ne sais habituellement pas rester tranquille dans mon lit, je ne les échangerai pour rien. Je ne peux m'arracher à cette sensualité sans l'avoir parcourue, des yeux, des mains,
d'un souffle, elle que je ne sais alors absente ou présente... quand enfin elle me regarde je vois dans l'intensité de ce bonjour la promesse d'une complicité que nul n'aurait pu imaginer,
nous les premières. Alors je suis heureuse d'avoir marcher, piétiner, danser, à côté d'elle, quatre heures durant sous un soleil de plomb dans les rues de Paris ce samedi dernier, ce 27
juin 2009, jour de la marche des fiertés, toujours appelée gaypride ; marcher sans revendiquer quoi que ce soit, sans provocation, juste pour dire que deux personnes qui s'aiment quel que soit
leur genre, qui vivent en intelligence avec elles-même, créent un espace de respect, de sagesse, de bonheur et de joie de vivre qui n'est en rien une atteinte à une quelconque morale et bienséance
et à la liberté des autres.

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