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Dimanche 5 juillet 2009
La ville se réveille avec trop de bruit, pour la douceur d'un jour estival, m'arrachant à une fin de nuit où le sommeil a gagné sur l'envie de ne rien rater d'elle. J'ouvre les yeux sur la peau de son dos. Sa peau dont je sais l'odeur, la douceur mais qui m'échappe dès que je suis tout contre elle, me surprend, m'émeut toujours autant. Ce pigment irrégulier que je ne connais pas encore par coeur et qui m'attrape immanquablement à chaque fois que je pose les yeux sur elle. Sa peau que j'effleure à peine de peur de la réveiller trop tôt, elle qui n'aime pas l'aube. Alors mes yeux remplacent mes mains, je glisse vers des courbes silencieusement offertes, appels irrésistibles à la caresse. M ais je ne la touche pas, pas encore, j'attends de sentir son corps s'apercevoir du mien, sa chaleur l'envahir, ses mains le chercher. Je nous vois par petits morceaux, l'une contre l'autre. Je me dit qu'une belle photo est possible, les mots maladroits ne pouvant dire la puissance de ce corps-accord là. Fixer sur la rétine ce moment où seuls nos souffles parlent. Garder vivant ce langage que j'apprends doucement. Ces matins là qui me retiennent juste dans l'ivresse de la simplicité de la beauté, moi qui ne sais habituellement pas rester tranquille dans mon lit, je ne les échangerai pour rien. Je ne peux m'arracher à cette sensualité sans l'avoir parcourue, des yeux, des mains, d'un souffle, elle que je ne sais alors absente ou présente... quand enfin elle me regarde je vois dans l'intensité de ce bonjour la promesse d'une complicité que nul n'aurait pu imaginer, nous les premières. Alors je suis heureuse d'avoir marcher, piétiner, danser, à côté d'elle, quatre heures durant sous un soleil de plomb dans les rues de Paris ce samedi dernier, ce 27 juin 2009, jour de la marche des fiertés, toujours appelée gaypride ; marcher sans revendiquer quoi que ce soit, sans provocation, juste pour dire que deux personnes qui s'aiment quel que soit leur genre, qui vivent en intelligence avec elles-même, créent un espace de respect, de sagesse, de bonheur et de joie de vivre qui n'est en rien une atteinte à une quelconque morale et bienséance et à la liberté des autres.
Deux jours plus tard je sors du cinéma, attends un bus, avec peut-être un geste de rapprochement vers elle. Derrière nous fuse un 'c'était samedi... c'est fini'. Je me retourne avec un sourire vers cette voix et dit 'non c'est pour la vie', elle m'embrasse, la voix sourit à son tour
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