J'allais à ce rendez-vous avec un 'pour voir' dans la tête, je ne m'attendais pas à elle, à ce
premier regard invitant instantanément à un voyage au long cours, à ce premier sourire que j'aurai voulu cueillir bien plus près de ses lèvres, tout de suite, à ces premières heures de mots
faciles, de sauts de terre inconnue en terrain connu, à cette évidence immédiate de ce 'nous' fait pour elle et moi.
Je ne m'attendais pas à repartir avec elle et ne plus vouloir la quitter.
Sortir de ce bar, marcher à côté d'elle, et se retrouver chez moi sans l'avoir prémédité pour une histoire de nageurs et de photos...
Avoir très envie de ne pas la raccompagner tout de suite, hésiter, dire des mots sages que j'aurai préféré ne pas prononcer, finalement lui dire au revoir à la porte de l'immeuble de douce façon,
pleine d'attente, de frôlements émus, de mots raisonnables et de raisons insensées.
S'assurer d'un jour prochain, d'une autre fois.
Ne pas bien dormir, le corps et le coeur fébriles.
Se dire que cette autre fois est bien trop loin.
Passer une journée douce, illuminée et recevoir cette invitation vespérale à passer chez elle.
Redécouvrir son visage, son regard bien plus proche, plus intense.
Trouver sa peau, sa bouche, son corps, doucement pour ne rien perdre de ce moment.
Etre avec elle si simplement.
Trois jours de séparation avant cette autre fois, convenue. Trois jours... trois jours...trois jours.
Chez moi à nouveau, cette fois sans mots non voulus, sans raisonnable et insensé.
Juste cette incertitude indomptable du mystère de ces corps-accords qui ancrent l'histoire.
Juste cette incertitude indomptable du mystère de ces corps-accords qui encrent l'histoire.
Elle m'a quittée hier.

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